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Sibérie
La Sibérie est dans l'esprit de tous une terre d'exil
et de goulag sous la Russie des tsars puis du communisme.
L'isolement et les conditions extrêmes qui caractérisaient
ces camps suffisaient à en faire une prison, nul ne
pouvait s'en échapper, seul et sans repères.
La Sibérie, c'est aussi le plus vaste espace sauvage
de la planète. La nature règne encore en maître,
l'extrême rigueur du climat protégeant cette
terre d'un excès de modernisme. La Russie couvre une
superficie de 17 075 400 km2, soit 11,5% des terres émergées
du globe. Alors que le transsibérien trace une ligne
horizontale à travers la Sibérie, les fleuves,
eux forment une ligne verticale. Tous les grands fleuves sibériens
s'écoulent parallèlement vers le nord et se
jettent dans l'océan glacial arctique. Quelques-uns
de ces fleuves détiennent des records : l’Ienisseï
avec 5 940 km est le plus long de toute l'Asie. L'Ob, 5150
kilomètres, le deuxième fleuve d'Asie, se jette
dans l'océan Arctique par le plus grand estuaire du
monde : 885 km de long sur 85 km de large. Le fleuve Léna
est le troisième grand fleuve sibérien et traverse
toute la république autonome de Yakoutie. C’est
le berceau des hommes du nord. Les premiers fabricants d’outils
étaient confinés dans la partie méridionale
du monde. C’est seulement depuis environ 4000 ans, lors
de la dernière période glaciaire, que des groupes
de chasseurs, pourvus d’habits et de peaux efficaces,
d’un outillage plus perfectionné et d’habitations
chauffées, parvinrent à pénétrer
vers le nord, où ils exploitèrent la vie animale
très riche des zones de steppe et de toundra. Ils atteignirent
la Sibérie. Lors de cette dernière glaciation,
le niveau de la mer s’abaissa tellement que de véritables
ponts de terre relièrent les continents. Entre l’Asie
et l’Alaska, le détroit de Béring devint
un large terrain sec permettant la migration des peuplades
et des animaux vers l’Ouest, mais ces nouveaux groupes
eurent peu d’influence sur l’environnement car
les glaces fermèrent à nouveau la route du sud.
Il y a environ 12 000 ans, un couloir se forma dans les glaces
et dès lors les chasseurs de grands gibiers de Sibérie
purent gagner les riches plaines giboyeuses d’Amérique.
Slutch
L’eau est la route du voyageur dans le Nord, mais elle
peut aussi trahir. En hiver, le piège est la « slutch ».
Quiconque a voyagé en hiver connaît ce mot qui
se conjugue à tous les temps car à tout moment
on peut se retrouver slutché. La « slutch »
est une couche d’eau mélangée à
de la neige, formant comme une pâte grise. Elle se forme
avec de l’eau qui passe au-dessus de la glace parce
que la couche s’épaissit et la comprime ou parce
qu’une rivière souterraine ou non se déverse
au-dessus de la couche de glace d’un lac ou d’un
fleuve. Protégée par la neige qui la recouvre,
la « slutch » ne gèle pas mais
gâre à celui qui, à pied, en traîneau,
ou en motoneige, crève cette couche et va patauger
dans ce piège. Il faut tout de suite en sortir car
la boue liquide, au contact de l’air, gèle aussitôt
et se transforme en une gangue solide d’où on
ne s’extrait plus. Combien de trappeurs ont ainsi perdu
une motoneige ? Plus rares sont ceux qui perdent un traîneau
dans ces circonstances car les chiens savent forcer pour se
sortir de ce piége.
Stake out
c'est la ligne où les chiens sont placés au
repos.
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