| Je voyage depuis maintenant plus de vingt ans dans, ce que j'appelle poétiquement, les pays d'en haut. Citons ma longue traversée des Montagnes Rocheuses et de l'Alaska en 86, mes traversées de la Sibérie pendant 18 mois, depuis la Mongolie jusqu'à l'océan Arctique en 90, l'année passée en compagnie de ma femme et de ma petite fille d'un an et demi dans le Yukon en 95, ou encore ma belle traversée en moins de 100 jours et avec mes chiens de traîneau du Grand Nord Canadien depuis le Pacifique jusqu'à l'Atlantique. J'ai écrit plus de 20 livres et réalisé de nombreux films pour la télévision et le cinéma, ainsi que de nombreux reportages diffusés dans le monde entier et qui montrent tous la pureté et la beauté de ces grands espaces sauvages. Mais depuis quelques années, comme les peuples du Nord, que je connais bien, je constate ici et là, mais de façon de plus en plus visible, les multiples dégradations que l'homme fait subir à ce que les Indiens appellent, notre mère à tous : la Nature. Le réchauffement de la planète, pour ne citer que lui, modifie le climat et fragilise les écosystèmes du Grand Nord qui n'ont pas le temps de s'adapter à ces bouleversements trop rapides et partout s'allument des signaux de détresse.
Alors, ma passion pour la nature, mes "rêveries", je veux maintenant les mettre au service d'une sorte de quête politique : prouver que l'homme peut vivre en harmonie avec la nature et que la survie de l'humanité en dépend.
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