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. Les Contes du Grand Nord
. L'Odyssée sibérienne
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. Robinson du froid
. Tadlak, entre chien et loup
   
Les Contes du Grand Nord

Les seigneurs de la banquise

Au XVIIIe siècle

L'ours blanc, Nanouk, et l'homme esquimau, Inuk, sont les deux symboles de l'Arctique. Nombreuses sont les histoires mêlant intimement leurs destinées. On dit que jadis il suffisait aux ours d'ôter leur peau pour devenir humains, et que les Inuits qui revêtaient une peau d'ours se transformaient à leur tour en Nanouk.

Voici d'ailleurs ce que raconte une légende :un père et ses trois fils, partis chasser le phoque, s'aventurent très loin sur la fragile banquise. Entraînés au large sur un morceau de glace dérivante, rien ne leur permet de regagner la rive. Le bloc s'amenuise peu à peu, menaçant de se briser. Tous les quatre risquent de périr noyés. Le père se souvient alors qu'il porte à son cou une amulette d'ours. Deux de ses fils en ayant une aussi, tous trois se jettent à l'eau, se transforment en ours polaires et peuvent ainsi regagner la glace ferme à la nage. Le troisième fils, qui possède une amulette de bruant, des neiges prend quant à lui son envol.

L'ours blanc et l'Inuit se placent au sommet de la hiérarchie animale et arpentent la banquise, leur royaume commun. Leur proie de prédilection est la même, et l'homme s'est inspiré des techniques d'approche de l'ours pour chasser le phoque, dont il tire comme lui l'essentiel de sa subsistance. Revêtu d'un pantalon en peau d'ours, il avance lentement et prudemment vers l'agloo, le trou par lequel le phoque vient respirer et au bord duquel il se prélasse au soleil. Ce dernier est extrêmement vigilant et guette le moindre mouvement suspect alentour. Toutes les 15 secondes environ, il se redresse et scrute l'horizon. L'ours, dont la blancheur sur la neige le rend presque invisible, avance mètre après mètre, profitant des brefs instants d'inattention du phoque. C'est un peu comme jouer à « un, deux, trois, soleil » sur la banquise ! Les Inuits ont pu observer que lors de son approche, l'ours masquait sa truffe, la seule partie noire de son corps, avec son avant-bras afin de ne pas être repéré. Suivant son exemple, l'Inuit se confectionne un panneau blanc qu'il place devant lui pour dissimuler son visage et son arme quand le phoque est en alerte. Une petite différence toutefois : là où l'ours se sert de sa très puissante patte pour agripper le phoque et l'assommer d'un coup mortel, l'homme a recours au harpon.

Mais la ressemblance entre l'homme et l'animal ne se limite pas aux techniques de chasse. Ainsi, c'est sur le modèle de la tanière de l'ours blanc que les premiers habitants de l'Arctique construisent leurs igloos afin d'en reproduire l'ingénieux système thermique et la ventilation. De son côté, l'ours adopte des attitudes fort semblables à celles des hommes : dans ses jeux avec ses congénères, dans sa manière de se déplacer, de paresser au soleil et même dans ses mimiques lorsqu'il se tient debout.

L'ours est certes recherché par les Inuits pour sa fourrure et sa viande, à l'exception de son foie, qui est très toxique, mais les rites qui entourent sa mort sont emplis de respect et de symboles sacrés. L'ours est admiré pour sa force et son ingéniosité, et si sa capture revêt une telle importance dans l'imaginaire des peuples arctiques, c'est que la notion d'échange est très présente dans l'acte même de chasse. Quand un homme tue son premier ours, il prouve ainsi son courage, sa force et son adresse. L'ours est bien plus qu'une proie, sa dépouille est honorée. C'est celui qui lui donne la mort qui décide du partage de la viande, mais il conserve toujours les pattes, dont les griffes sont très prisées. On désaltère l'esprit de l'ours en laissant fondre un morceau de glace dans sa bouche, puis sa tête est soigneusement nettoyée avant d'être disposée dans l'igloo du valeureux Inuit près de la lampe à huile, au centre même du foyer. Quelques cadeaux sont posés autour, et la famille du chasseur observe un deuil de plusieurs jours avant de restituer le crâne à la mer. Puis, lors d'une fête où le village chante, danse et mime la rencontre entre les hommes et cet ours qui s'est laissé chasser et tuer, sa viande est consommée dans le plus grand respect. Une chair dont maintes fois la Providence a permis aux chasseurs Inuits et aux explorateurs de ces terres d'être sauvés de la famine.

 
livre Nicolas Vanier

Éditions Flammarion
Écrit par Diane et Nicolas Vanier
Illustré par Sylvain Bourrières
2007

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